Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Maël Letarnec

Apprenti en BP Boucher, Paris (75)
Date de l'interview : 29/07/2010

Les débouchés en boucherie sont multiples : outre l’artisanat, on peut travailler dans les grandes surfaces, le marché de Rungis, etc.

Boucher de Père en fils ? Il semblerait que Maël suive avec plaisir les pas de son père, qu'il a vu travailler depuis qu'il est petit dans sa boucherie.

Quel est votre parcours ?

J'ai suivi le collège de la 6e à la 3e et suis entré en seconde générale et technologique. Mes professeurs et ma mère m'ont poussé à entrer au lycée parce qu'ils pensaient que j'avais les capacités pour entreprendre des études longues.Le programme de seconde GT ne m'a pas intéressé. J'ai souhaité quitter le lycée pour préparer le BEP préparateur en produits carnés. Mes professeurs étaient déçus mais je pense que quand on ne fait pas ce qu'on aime, on n'est pas motivé.

Quelle formation suivez-vous cette année ?

J'ai obtenu mon BEP l'an dernier et je prépare actuellement mon BP en apprentissage chez un artisan boucher de Breuillet (91) en suivant toujours la formationau CFA des métiers de la viande (Paris 12e).

Pourquoi avez-vous opté pour l'apprentissage ?

J'avais envie d'entrer rapidement dans la vie active pour me rendre compte de la réalité du monde du travail, voir comment se passe le quotidien. En effet, à la sortie d'une formation en apprentissage, je pense qu'on est vraiment opérationnel.

Avez-vous trouvé facilement une entreprise ?

Pour le BEP, j'ai trouvé après avoir demandé auprès de 5 ou 6 boucheries, ce qui est beaucoup pour ce secteur ! En effet, dans ma ville et ses alentours, beaucoup d'apprentis cherchaient en même temps que moi. En revanche, pour le BP, j'ai trouvé immédiatement. Comme nous sommes déjà formés depuis 2 ans, c'est donc plus facile.

Quelles sont vos activités au quotidien ?

Je suis au CFA 3 jours sur 15. Nous avons des travaux pratiques avec essentiellement de la fente de carcasses et de la coupe de gros morceaux, le désossage et le détail ayant déjà été appris en BEP. En BP, on apprend à couper la carcasse comme s'il elle sortait de l'abattoir.L'objectif du BP est de pouvoir s'établir à son compte. Nous avons donc des cours de comptabilité, gestion, français, apprentissage des noms d'os et des morceaux, myologie (études des muscles), appréciation de la qualité des carcasses, hygiène et enfin, la présentation d'un dossier concernant notre entreprise d'accueil.En entreprise, nos activités dépendent du patron et des besoins des clients. Pour ma part, je fais tout : préparation, mise en rayon, vente. Je commence à 7 h et travaille le samedi. Mon patron me laisse parfois en complète autonomie sur une partie de la journée. Tous les aspects du métier m'intéressent autant.

Quelles sont les qualités requises pour exercer ce métier ?

Il faut être très disponible et courageux. Il faut se lever tôt pour les préparations et être prêt à travailler les dimanches et les jours fériés. Cependant, lorsqu'on est passionné, on exerce forcément bien son métier !

Quels sont vos projets ?

A long terme, je sais que j'ouvrirai ma propre boucherie. Pour l'instant, je veux obtenir mon BP. Ensuite, j'hésite à poursuivre en brevet de maîtrise ou passer un BEP de charcutier en 1 an pour compléter ma formation. Je souhaiterais également acquérir une expérience à l'étranger, en Allemagne par exemple, où les techniques sont complètement différentes et beaucoup plus tournées vers la charcuterie, ou pourquoi pas en Irlande. On sort forcément grandi d'une expérience à l'étranger.

Pensez-vous que les débouchés en terme d'emploi sont importants et variés dans le secteur de la boucherie ?

Oui. Je pense que l'artisanat, c'est l'avenir. La génération des 30/35 ans délaissent aujourd'hui les supermarchés et reviennent vers les boucheries artisanales pour la qualité de la viande. En dehors de l'artisanat, il est également possible de travailler dans un rayon traditionnel de grande surface. Le marché de Rungis offre aussi la possibilité d'effectuer un travail de grossiste en direction des restaurants ou des cantines. L'activité sera alors différente, on travaille plus vite, on fend les carcasses, on débite en gros et on vend.