Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Virginie Ngo Bayong

Bénéficiaire du dispositif d’insertion « Avenir jeunes », Etampes (91)
Date de l'interview : 28/07/2010

La vie ne m’a pas toujours souri. Mais je suis déterminée à réussir. Et même si je tombe encore, je me relèverai.

Originaire du Cameroun, Virginie Ngo Bayong est arrivée en France en 2007. Prise en charge par l’association Solidarité et jalons pour le travail (SJT) de Viry-Châtillon (91), elle suit aujourd’hui un « Parcours de mobilisation vers un projet professionnel » dans le cadre du dispositif régional Avenir Jeunes.

Qu’est ce qui vous a poussé à suivre ce programme ?

Un peu déboussolée depuis mon arrivée en France et sans aucun diplôme, je voulais à tout prix me rescolariser. J’ai donc sollicité les éducateurs de mon foyer qui m’ont recommandé d’aller à la mission locale d’Etampes. Après avoir effectué des tests pour évaluer mon niveau de français, j’ai été aiguillée vers le SJT en novembre 2009. C’est un excellent choix puisque j’avais vraiment besoin d’être encadrée. Les membres de l’association m’ont aidée à élaborer mon projet professionnel. J’aimerais devenir assistante de direction.

Pourquoi avez-vous choisi d’emprunter cette voie ?

Au début, j’hésitais. J’avais un plan B : la vente. L’équipe pédagogique m’a proposé de faire une enquête de terrain. J’ai donc exploré les deux pistes. J’ai rencontré une assistante de direction qui m’a raconté son parcours professionnel, puis j’ai eu un commercial au téléphone. J’ai également participé à des forums des métiers et passé beaucoup de temps sur Internet afin de récolter le maximum d’informations. Avant de prendre ma décision, j’ai fait deux stages de découverte. Je suis restée un mois chez Naf-Naf, rue Rivoli à Paris, où j’étais chargée de l’accueil des clients, de l’étiquetage et de la gestion des stocks. Ça s’est tellement bien passé qu’ils m’ont déjà proposé deux remplacements. Toutefois, c’est mon deuxième stage qui a été décisif. Pendant trois semaines, j’ai travaillé dans un organisme de formation, la Boutique Club Emploi de Juvisy (91). Je me suis sentie plus à l’aise dans cet univers. J’ai pu montrer de quoi j’étais capable. J’en suis très fière

Vous aviez besoin qu’on vous remette le pied à l’étrier ?

Oui. La vie ne m’a pas toujours souri. Mais je suis déterminée à réussir. Et même si je tombe encore, je me relèverai. L’équipe de l’association m’a permis de reprendre confiance et ne plus me sentir rabaissée, ce dont souffrent beaucoup de jeunes. Elle m’a appris à bien gérer les relations avec les employeurs qui, de temps en temps, oublient que nous sommes là pour apprendre. Elle me suit en permanence et me pousse. Quand j’ai des soucis, je trouve toujours quelqu’un pour m’écouter. Ça me donne la force de m’accrocher.

Suivez-vous des cours de remise à niveau ?

Oui. Avec mes camarades, dans le cadre de programme Avenir Jeunes, nous avons aussi des modules de français et de mathématiques. C’est une très bonne chose car j’ai des lacunes. Les maths m’angoissent beaucoup. Je dois faire des efforts pour progresser et repartir avec un solide socle de connaissances.

Quelle est la prochaine étape dans votre parcours ?

Il y a deux possibilités : soit je trouve un emploi, ce qui est le cas de certains de mes prédécesseurs, soit je continue mes études. J’aimerais faire un Bac pro en alternance. Je ne veux pas me retrouver bloquée dans ma carrière. Quand on dépose son CV, même si vous avez du charisme et de l’expérience, on regarde toujours les diplômes. Il faut donc que j’atteigne le même niveau que les autres. Je postulerai certainement pour rentrer dans un Centre de formation d’apprentis. Je suis consciente que c’est un peu un parcours du combattant. Mais je suis prête à le mener.