Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Ophélie Guénon

Apprentie en bac pro Industrie des procédés, Paris (75)
Date de l'interview : 28/07/2010

L’équipe pédagogique suit au quotidien ce que nous faisons et elle nous responsabilise beaucoup.

En première année de bac pro, Ophélie Guénon partage son temps entre les salles de cours du lycée Vauquelin et le site francilien du Groupe Gattefossé, qui développe, fabrique et commercialise des matières premières pour les industries cosmétiques et pharmaceutiques.

Cette double vie vous convient-elle ?

C’est exactement ce qu’il me fallait. Quand je rejoins l’entreprise, je mets en pratique ce que j’ai appris à l’école. C’est du concret. Je n’ai donc pas l’impression de perdre mon temps. Cette première expérience professionnelle m’a fait mûrir. Quand j’écoute mes sept camarades lors des débriefings avec les professeurs, je me rends compte que j’ai eu de la chance d’intégrer une petite équipe de trois personnes et d’être tombée sur un très bon maître d’apprentissage.

Etes-vous bien encadrée ?

Oui. Quand je suis arrivée en septembre 2009, je n’avais pas confiance en moi. J’avais peur de prendre des initiatives. Mon maître d’apprentissage a fait en sorte que je franchisse des paliers. Il est très compréhensif et prend toujours le temps de m’expliquer. Au bout de quelques semaines, il a senti que j’étais en difficulté en mathématiques. Il m’a tout de suite proposé de suivre des cours particuliers. Sur le coup, je l’ai mal pris. Mais très vite, j’ai réalisé qu’il m’encourageait à progresser. Petit à petit, il m’a laissé prendre les rênes. Quand, en février dernier, j’ai effectué ma première fabrication toute seule, j’ai ressenti beaucoup de fierté ! Quant à l’équipe pédagogique, elle suit au quotidien ce que nous faisons grâce à un cahier sur lequel tout est archivé (travaux pratiques, appréciations…) et elle nous responsabilise beaucoup. Par exemple, si on ne justifie pas nos absences en classe, on nous retire une partie de notre salaire… Nous sommes traités comme des adultes.

Le rythme est-il intense ?

Si on ne le prend pas dès le début, on peut vite décrocher. C’est très usant. Il faut bien gérer les coupures et la fatigue. D’autant plus que notre emploi du temps est variable. On ne passe pas deux semaines ici et deux semaines là. On peut très bien rester un mois en entreprise puis aller en cours pendant trois semaines… C’est d’ailleurs un mode d’organisation très efficace car il nous permet de toucher à tout et d’assimiler plus facilement la pratique du métier. On doit simplement rester toujours concentré.

Quelles sont les qualités requises pour réussir ?

La patience est d’or. J’ai commencé à chercher une entreprise dès mars 2009, soit six mois avant le début des cours. J’ai envoyé une centaine de CV et je n’ai eu qu’une seule réponse ! J’ai décroché un entretien pour travailler dans une centrale nucléaire à Cherbourg. Je n’ai pas été prise. J’ai dû attendre mon passage devant une commission organisée par l’école pour trouver mon bonheur !

Quand vous serez diplômée, qu’allez-vous faire ?

Tout est ouvert. J’aimerais bien faire un BTS. Ça serait une ligne de plus sur mon CV. Mon maître d’apprentissage me pousse à ne pas me reposer sur mes acquis et à élargir mes compétences. Mais je verrai en fonction de ce qui va se passer l’année prochaine. Je ne sais pas si j’aurai encore le courage de faire des études. Peut-être l’entreprise souhaitera-t-elle m’embaucher…