Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Christian Cuesta

Directeur de l’IUT Créteil Vitry, Créteil (94)
Date de l'interview : 28/07/2010

Les formations courtes ouvrent des portes. Elles permettent à des étudiants qui n’ont pas pu ou voulu intégrer une prépa de faire de très beaux parcours

Enseignant chercheur, auteur de travaux sur l’acoustique, Christian Cuesta devient, après un passage par l’Université du Maine, directeur de l’IUT Créteil Vitry en 2002. Il est également vice-président de l’Association des directeurs d’IUT.

Quelles sont les conditions pour intégrer l’IUT ?

Il existe une première condition : déposer un dossier sur le site d’admission post-bac et classer l’établissement parmi ses vœux. Mais il y a de très grandes différences selon les filières d’enseignement. Certaines, comme les techniques de commercialisation, sont très demandées, avec 1 500 candidats pour 112 places. D’autres, tel le département réseaux et télécommunication, avec 400 dossiers pour 78 places, le sont un peu moins. Plus il y a de postulants, plus la sélection est sévère. Le classement des étudiants est basé sur leur dossier scolaire (notes, appréciations…), leur lettre de motivation et un entretien. Il faut être précis et montrer une grande motivation pour la formation.

Quels profils recherchez-vous ?

Les étudiants doivent être capables d’absorber un nombre important d’heures de cours, au moins 35 heures sans compter le travail personnel. Nos principales cibles sont des bacheliers généraux des séries S, ES, peu de L, ou technologiques. Il y a aussi des étudiants qui ont obtenu leur bac un ou deux ans auparavant. Les titulaires de bac pro sont très rares. Ils ne réussissent pas bien. Leur niveau scolaire n’est pas adapté à celui que l’on exige. Il y a quand même quelques exceptions, mais ce sont des candidats qui nous ont été recommandés.

Quels sont les principaux atouts de cette formule en deux ans ?

C’est une formation rassurante pour des élèves qui sortent du lycée. C’est très encadré. Des enseignants sont chargés du suivi journalier. L’assiduité est obligatoire. Dès qu’il y a une ou deux absences, on convoque l’étudiant et on fait le point avec lui. De plus, les diplômes ont plusieurs fonctions : on peut aller directement sur le marché du travail (20 % des élèves), poursuivre ses études et effectuer une licence professionnelle ou aller au-delà (50 %) en intégrant une école (commerce, ingénieur) ou un master. On monte les marches doucement, mais on peut aller très haut.

Les IUT sont donc de très bons tremplins ?

Ces formations courtes ouvrent des portes. Elles permettent à des étudiants, qui n’ont pas pu ou voulu intégrer une prépa, de faire de très beaux parcours. Elles jouent un rôle d’ascenseur social. Mais elles restent également un très bon moyen de se découvrir. A la différence des STS (sections de techniciens supérieurs), les IUT ne préparent pas à un métier mais une famille de métiers.

Entretenez-vous des liens étroits avec le monde de l’entreprise ?

Oui, ils sont génétiques. Notre corps enseignant est composé d’enseignants chercheurs, d’enseignants du secondaire affecté au supérieur et de professionnels. Ces derniers apportent un regard complémentaire. A leur contact, les étudiants vont non seulement se forger un savoir faire mais aussi un savoir être qu’ils vont mettre en pratique lors de leurs stages. Ils ont au moins dix semaines de stage, le plus souvent en deuxième année. L’IUT est un creuset qui permet l’épanouissement. Il faut dire aussi que les entreprises aiment les jeunes passés par un IUT car s’adaptent facilement et deviennent vite opérationnels.