Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

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Manuella Portier

Chargée de projet à la Maison de l'Europe des Yvelines, Chatou (78)
Date de l'interview : 28/07/2010

Ayant vécu plusieurs expériences à l’étranger, il y a une vraie légitimité pour moi à promouvoir la mobilité européenne chez les jeunes.

Après un service volontaire européen (SVE), un double séjour Erasmus, Manuella Portier est aujourd'hui chargée de projet à la Maison de l'Europe des Yvelines.

Quel est votre parcours ?

Après l'obtention d'un DEUG LEA (bac + 2), je me suis engagée dans un double cursus : un magistère de sciences sociales appliquées à l'interculturel et un master de sociologie à l'université Paris V. Je suis partie en SVE en Angleterre pendant un an après ma licence. Ma mission consistait à donner des cours de français et à promouvoir le programme européen ''Jeunesse'' dans des centres de jeunes. J'ai décidé de repartir après mon master 1 (M1). Dans le cadre d'Erasmus, j'ai effectué le premier semestre de mon master 2 (M2) à Grenade (Espagne) et le second à Berlin (Allemagne). A mon retour, j'ai effectué un stage de 6 mois à la commission européenne de Bruxelles au service ''jeunesse en action''. Dans mon emploi actuel, je suis chargée de développer des projets de rencontres et d'échanges de jeunes européens. Au bureau, je réponds aux questions du public, j'interviens dans les établissements scolaires, j'accompagne les jeunes dans leur démarches pour le SVE, etc.

Quelles étaient vos motivations pour effectuer ces séjours d'études ?

Le SVE a renforcé mon goût de la mobilité. A l'orée de ma dernière année d'études, j'ai réalisé que c'était le moment ou jamais pour moi de partir à l'étranger ! J'avais envie de faire une pause, de découvrir d'autres horizons et de terminer mes études en beauté. De plus, j'ai toujours apprécié les langues vivantes : j'avais appris l'allemand, l'espagnol et l'anglais et j'avais envie de pratiquer davantage. Il n'est a priori pas possible de cumuler deux Erasmus, mais il est possible de partir dans 2 pays différents à condition que ce soit la même année. Mes 2 séjours ont été justifiés par mon projet professionnel et mes sujets de mémoire : en M1, "l'expérience du Service Volontaire Européen chez les jeunes avec moins d'opportunités" et en M2, une étude comparative de la vision de l'Europe et de la citoyenneté européenne, chez les jeunes français, allemands et espagnols.

Avez-vous dû passer des tests de langues ?

En Espagne, ce n'était pas nécessaire et j'estimais avoir le niveau suffisant pour suivre les cours. Par contre, le semestre en Allemagne était pour moi un défi, car je n'avais pas eu l'occasion de parler allemand depuis la terminale. Je suis donc arrivée à Berlin avec un mois d'avance, pour suivre les cours d'allemand intensifs, proposés gratuitement par l'université à tous les étudiants étrangers.

Avez-vous bénéficié d'aides financières ?

N'ayant pas droit aux bourses sur critères sociaux, j'ai eu une bourse universitaire pour ma mention très bien en master 1, une bourse Erasmus de 170 euros mensuel et une bourse de 800 euros pour le thème franco-allemand de mon mémoire. Il ne faut pas hésiter à solliciter des aides un peu partout. J'avais également travaillé les week-ends pendant 4 mois avant de partir pour faire des économies. Concernant le logement,j'ai fait de la colocation, système très répandu chez les étudiants Erasmus, aussi bien en Allemagne qu'en Espagne.

Que vous ont apporté ces expériences ?

Sur le plan de la formation, j'ai profité d'un master 2 beaucoup plus riche que si j'étais resté en France. J'ai pu constituer moi-même mon programme, je me suis fait plaisir en choisissant un maximum de modules que j'ai tous validés sur place : on laisse beaucoup d'autonomie aux étudiants Erasmus. J'ai ainsi enrichi ma formation avec des cours approfondis sur l'Union et les institutions politiques européennes, la sociologie des banlieues, etc. J'ai maintenant un nouveau regard sur la sociologie que je n'avais pas en France. J'ai acquis de nouvelles méthodologies de travail et j'ai, bien sûr, énormément progressé en langues. Sur le plan humain, un maximum de rencontres, la découverte d'autres cultures entraînent une grande ouverture d'esprit. Le fait de vivre à l'étranger aide également forcément à développer des capacités d'adaptation.

Comment avez-vous pu mettre en valeur ces expériences ?

Aujourd'hui, j'exerce un métier qui est totalement dans la continuité de mes études et de mes séjours à l'étranger. Ayant vécu plusieurs expériences, il y a une vraie légitimité pour moi à promouvoir la mobilité européenne chez les jeunes. Je me sens parfaitement à ma place dans cet emploi.