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Bien choisir son école d'ingénieurs

Domaines : Formations, Bac + 5, Bac + 6 et plus
Mars 2013
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Comment choisir son école d'ingénieurs

Le métier d'ingénieur ne cesse d'attirer de nombreux jeunes ayant le goût des sciences appliquées. Depuis 15 ans, les effectifs des écoles d'ingénieurs ont quasiment doublé. Les élèves ingénieurs, qui sont plus de 120 000 (dont plus d'un quart de filles) représentent désormais près de 5 % des effectifs de l'enseignement supérieur.

Aujourd'hui, plus de 220 écoles (247 implantations géographiques) vous offrent la possibilité de devenir ingénieur. A vous de faire le bon choix et d'adopter la stratégie la mieux adaptée à votre profil : Cursus en 3 ans après une prépa ou en 5 ans après le bac ? BTS ou Université puis admission parallèle ? Ecole généraliste ou spécialisée ? Alternance ou temps plein scolaire ?

Repère
Les écoles françaises d'ingénieurs ont délivré 28 900 diplômes d'ingénieurs (soit une hausse de 17,5 % en 10 ans) en 2010. 75 % de ces diplômes ont été obtenus dans des établissements publics. En revanche, c'est dans les écoles d'ingénieurs privées que les effectifs progressent le plus.

Si la moitié des élèves ingénieurs passe par les classes préparatoires, l'autre moitié intègre une école après le bac ou après un bac + 2 minimum (BTS, DUT, licence, master 1).

Plusieurs autres éléments sont également à prendre en considération dans le choix de votre école, parmi lesquels son statut public ou privé, le coût de sa scolarité, ses modalités d'admission (sur concours ou sur dossier), ses spécialisations (agronomie, chimie, biologie, informatique, mécanique,…), sa professionnalisation, son ouverture à l'international, sa notoriété et la qualité de son insertion professionnelle à la sortie....

Nous vous proposons ci-dessous une check-list des 12 questions à se poser pour faire le meilleur choix.

Qu'est-ce qu'un diplôme d'ingénieur ?

En France, le titre d'ingénieur diplômé sanctionne une formation supérieure longue de niveau bac + 5. Celle-ci est dispensée par un établissement d'enseignement supérieur (université, école publique, privée ou consulaire) habilité par la Commission des titres d'ingénieur (CTI). Organisme indépendant, la CTI est officiellement chargée d'habiliter les formations d'ingénieur, de développer leur qualité, de promouvoir le titre et le métier d'ingénieur en France et à l'International. Pour être habilitées, les écoles doivent correspondre à un référentiel précis (durée des études, niveau de langues, formation en sciences humaines et économiques, stages en entreprises, etc.…) et répondre à des standards européens. Les établissements habilités sont inscrits sur une liste officielle publiée chaque année par arrêté ministériel.

Cette habilitation par la CTI est renouvelée tous les 6 ans et atteste après une expertise et une évaluation que l'école "présente des programmes et donne un enseignement suffisants" pour délivrer un diplôme d'ingénieur : moyens, qualité de l'encadrement, liens avec les entreprises, compétences scientifiques et professionnelles des diplômés, ouverture internationale, démarche d'amélioration continue, etc.

Seuls les diplômés d'une formation habilitée par la CTI peuvent se prévaloir du titre d'ingénieur diplômé français, qui est protégé par la loi. Ce titre ne peut vous être délivré que si vous avez effectué au minimum quatre semestres d'études au sein d'une école habilitée.

145 écoles d'ingénieurs, parmi les plus prestigieuses, sont en outre membres de la Conférence des grandes écoles (CGE). Plus d'une centaine d'entre elles sont de statut public.

Enfin, le grade de master, qui est la norme internationalement reconnue des études à bac + 5, est automatiquement conféré par l'Etat à tout titulaire d'un titre d'ingénieur diplômé. La qualité du diplôme d'ingénieur français associé à cette équivalence systématique vous ouvre les portes de la mobilité européenne et internationale. Ce grade vous donne également accès, après sélection, aux études doctorales.

Bon à savoir
La profession d'ingénieur n'est pas règlementée en France (à l'inverse de celle d'avocat ou d'architecte, etc.). Une entreprise peut donc embaucher une personne comme ingénieur, même si elle ne possède pas de diplôme d'ingénieur. Sur le million d’ingénieurs qui exerce le métier, seulement 700 000 sont passés par une école habilitée à remettre le titre d’ingénieur diplômé. Les 300 000 autres font un travail d’ingénieur auquel ils ont eu accès par la promotion interne.

Quel est le statut de l'école ?

Les écoles d'ingénieurs peuvent être publiques, consulaires ou privées.

Les écoles publiques, au nombre de 172, parfois rattachées à une université, sont de loin les plus nombreuses, tandis que les écoles privées, qui sont plus d'une soixantaine, ne forment qu'1 élève ingénieur sur 4. Ces dernières peuvent être rattachées à une Chambre de commerce et d'industrie (CCI), à l'enseignement catholique (écoles de la FESIC), mais sont le plus souvent totalement indépendantes.

La majorité des écoles d'ingénieurs publiques sont placées sous la tutelle du Ministère de l'Education nationale (soit 128 écoles). Néanmoins, une quarantaine d'écoles se trouvent sous la houlette d'autres ministères : Agriculture (Institut national agronomique Paris-Grignon), Industrie (Ecole nationale supérieure des Mines de Paris rebaptisée Mines Paris-Tech), ou encore Défense (Ecole Polytechnique).

Quel est son classement ?

Si la Commission des titres d'ingénieur (CTI) est chargée d'habiliter les écoles d'ingénieurs, elle ne compare pas les établissements entre eux. Selon la CTI, l'information la plus documentée et sérieuse en matière de classement est issue de l'enquête annuelle du Conseil national des ingénieurs et des scientifiques de France (CNISF) qui montre que le salaire initial des jeunes diplômés ingénieurs dépend de plusieurs paramètres, dont la notoriété de l'école mais aussi du secteur d'activité.

Néanmoins, afin de se faire une idée de la sélectivité et de la notoriété des écoles d'ingénieurs, il est intéressant de consulter et de comparer les différents palmarès qui paraissent chaque année dans la presse spécialisée (L'Usine Nouvelle, Le Point, L'Expansion, L'Express, Le Nouvel Observateur, Challenges, 01 Informatique, L'Etudiant, etc.). Vous observerez  que les critères pris en compte varient fortement d'une enquête à l'autre.

En tête de ces palmarès se retrouvent systématiquement, sans surprise, les plus prestigieuses écoles post-préparatoires : Ecole Polytechnique Palaiseau, Mines ParisTech, Centrale Paris et Lyon, Ecole des Ponts Marne-la-Vallée, Supélec Gif-sur-Yvette, Télécom ParisTech, ISAE Toulouse, ENSAM Paris, Agro Paristech, ENSTA Paris… qui ont toutes pour point commun une forte sélectivité, une excellente notoriété, un investissement important dans la recherche, une ouverture et une reconnaissance à l'International. Les écoles généralistes les plus réputées (Ecole Polytechnique, Centrale Paris, Mines ParisTech, Ponts ParisTech) sont aussi les plus sélectives, tout en vous offrant les meilleures perspectives de carrière.

Parmi les écoles post- bac, l'INSA (Institut national des sciences appliquées) de Lyon et l'UTC (Université de technologie de Compiègne) dominent les palmarès, suivies de l'ISEP Paris, l'INSA Toulouse, Strasbourg, Rouen et Rennes, l'EISTI Cergy, CPE Lyon, EPF Sceaux, ESIEE Paris, etc.

Dans l'ensemble, les écoles en réseau comme les écoles centrales, les INSA, les écoles des Mines bénéficient d'une bonne notoriété, en raison des mutualisations possibles. Les petites écoles ont, en revanche, plus de mal à tirer leur épingle du jeu, en dépit de la qualité de leurs partenariats locaux avec les entreprises. Elles ne parviennent pas toujours à attirer les étudiants. Près de 4 000 places restent ainsi vacantes chaque année dans les écoles d'ingénieurs.

Quel est le coût de la formation ?

En classe préparatoire, vous pouvez bénéficier d'une bourse d'enseignement supérieur sur critères sociaux ou d'une bourse de mérite. Les demandes se font dès le mois de janvier précédant l'entrée en formation auprès de votre CROUS (Centre régional des œuvres universitaires et scolaires).

Pour intégrer une école d'ingénieurs après le bac ou après une prépa, vous devez le plus souvent réussir un concours. Bien que la plupart des écoles se regroupent pour proposer des concours communs, le montant des frais d'inscription à ces concours est loin d'être négligeable. Prévoyez par concours commun un coût forfaitaire d'environ 200 euros. Les étudiants boursiers bénéficient d'un tarif préférentiel et le plus souvent de la gratuité pour les concours des écoles publiques.

Les coûts de formation varient ensuite également selon le statut de l'école.
Les écoles les plus réputées, accessibles après une prépa, sont publiques et proposent une scolarité gratuite (Ecole Centrale, Mines ParisTech, Ponts ParisTech). Cependant, certains de ces établissement demandent une contribution pouvant varier de 750 à 1 500 euros par an.

Dans les écoles d'ingénieurs publiques, rattachées à une université, les droits de scolarité s'élèvent en moyenne à 550 euros par an.

Dans les écoles consulaires et, plus encore, dans les écoles indépendantes privées (environ 25 % des écoles), les frais de scolarité sont en revanche élevés, pouvant aller de 4 500 à 7 500 euros par an. Heureusement, il existe des possibilités de prêts étudiants. N’hésitez pas à en faire la demande. Les écoles privées reconnues par l'Etat peuvent bien sûr accueillir des étudiants boursiers.

Il est à noter que les formations d'ingénieurs proposées en apprentissage sont gratuites, quel que soit le statut de l'école.

Enfin, les frais de scolarité ne prennent pas en compte les coûts éventuels des droits d'inscription dans un établissement étranger en cas d'échanges internationaux.

Les études d'ingénieur sont-elles difficiles ?

Un élève moyen de terminale S a toutes les chances d’intégrer une école d’ingénieurs post bac. Les STI2D et les STL peuvent intégrer un certain nombre d’écoles, mais pas toutes.

Un lycéen de série scientifique qui a des résultats moyens dans son établissement peut également envisager d'intégrer une école d'ingénieurs en passant par une prépa, s'il est très motivé et travailleur. En prépa, il n'y a pas de demi-mesure : il est indispensable de s'investir à fond. Vous y recevez une solide formation scientifique et technique, avant tout théorique. Le rythme de travail est soutenu et il règne un certain esprit de compétition.

A l'inverse des 2 années de prépa intensives avec,à la clé le stress des concours, la vie durant les 3 années suivantes en école d'ingénieurs apparaît souvent comme un soulagement, même si un grand investissement personnel est exigé.

Les élèves ingénieurs prennent aussi conscience de tout l'intérêt de l'enseignement des matières scientifiques, car ils peuvent enfin les utiliser dans des disciplines liées à leur formation. Ces applications contribuent à vous motiver et à vous aider à esquisser un projet professionnel.

Bon à savoir 
Environ 4 000 places en écoles d'ingénieurs restent vacantes chaque année, principalement dans les nombreuses écoles privées qui se sont créées depuis 20 ans. De plus les filles ne sont pas assez nombreuses à s'orienter vers des études d'ingénieurs : elles ne représentent en moyenne que 27 % des effectifs des écoles.

A quel niveau intégrer une école d'ingénieurs ?

Les écoles d'ingénieurs sont accessibles aux bacheliers généraux scientifiques (85 % des nouveaux entrants) et dans une moindre mesure, aux bacheliers techno STI2D et STL. Ellesproposent des entrées à plusieurs niveaux : bac, prépa, bac + 2 (BTS, DUT, L2), licence (L3) et master 1 (M1).

La voie royale, c'est-à-dire celle qui offre le plus de possibilités d'admission, reste le passage via une CPGE (classes préparatoires aux grandes écoles). En effet, après 2 ans de travail intensif, ces classes vous permettent d'accéder aux concours d'entrée des écoles d'ingénieurs les plus prestigieuses. Les études durent ensuite 3 ans.

Actuellement, même si seulement la moitié des élèves ingénieurs est issue des classes prépas, cette voie continue d'offrir un plus grand nombre de places aux concours que les autres voies d'accès. Les plus grandes écoles recrutent encore très majoritairement à l'issue des classes préparatoires scientifiques.

Toutefois, pour ceux qui veulent éviter le stress des prépas, il existe à la fois des cycles préparatoires intégrés et des écoles d'ingénieurs recrutant directement après le bac. Le cursus dure alors 5 et se compose d'un cycle préparatoire (2 ans) et d'un cycle d'ingénieur (3 ans). Le cycle préparatoire peut se dérouler dans l'école, ou être commun à plusieurs écoles (prépa Gay-Lussac, cycle préparatoire polytechnique). Le nombre d'écoles concerné est cependant restreint.

Enfin, il existe une autre possibilité : les admissions parallèles ou sur "titre" (diplôme), après un bac + 2 (50 %) ou un bac + 3 ou 4. Cette voie s'est largement développée au cours des dernières années.

Ces admissions parallèles vous permettent de rejoindre une école d'ingénieurs après au minimum un BTS, un DUT du secteur industriel (le plus souvent) ou une 2e année de licence universitaire scientifique, à condition toutefois d'avoir un bon niveau. Vous intégrerez le plus souvent la 1ère année du cycle d'ingénieur (soit 3 ans).

Les candidats aux admissions parallèles recherchent en général une formation complémentaire et, pour les profils universitaires, une professionnalisation. Déjà opérationnels, ces diplômés bac +2/bac + 3 intéressent peu les écoles d'ingénieurs généralistes. Ce sont les écoles d'ingénieurs spécialisées qui leur offrent le plus grand nombre de places.

Avec une licence en sciences (L3), il est en revanche possible de concourir à une grande école généraliste, et par exemple d'intégrer en 1re année l'une des 5 écoles Centrales via le nouveau concours CASTing. Durée du cursus : 3 ans.

Avec un bac + 4 scientifique (master 1 ou équivalent), de très nombreuses écoles d'ingénieurs vous proposent des admissions en 2e année du cycle d'ingénieur (durée du cursus : 2 ans au lieu de 3). Les recrutements se font sur dossier et/ou entretien, ou sur concours. Certaines écoles mettent en place des procédures de sélection communes.

Comment intégrer une école d'ingénieurs ?

Quel que soit le niveau d'admission choisi (bac, prépa, bac + 2 ou plus), vous devrez passer des sélections qui prennent le plus souvent la forme d'un concours écrit suivi, pour les admissibles, d'un oral d'admission.

Quelques écoles d'ingénieurs post-bac peuvent vous recruter sur dossier et entretien. De même à bac + 4, certaines admissions parallèles peuvent se faire sur dossier.

Mais à tous les niveaux d'intégration, la plupart des écoles se sont regroupées pour organiser des concours communs.

Les démarches d'inscription sont toujours à effectuer dans des délais très précis et démarrent dès le mois de janvier. Les épreuves se déroulent à partir du mois d'avril.

Lexique

Concours communs
: les écoles d'un réseau d'écoles, de même type ou recherchant des profils identiques, se regroupent pour mettre en commun leurs résultats au sein d'un seul concours. Les candidats établissent une liste d'écoles souhaitées, avec un ordre de priorité. Les épreuves sont les mêmes pour tous les candidats, avec les mêmes coefficients. Les résultats sont regroupés et les admissions sont prononcées en fonction des voeux des candidats et de leurs résultats : le 1er classé obtient son premier choix et ainsi de suite.

Banques d'épreuves :
les écoles mettent en commun les épreuves d'un concours, mais affectent à chacune de ces épreuves des coefficients qui leur sont propres. Dans leur sélection, certaines mettent ainsi plus l'accent sur les maths, d'autres sur les sciences de l'ingénieur.

Banques de notes
: les écoles puisent, dans un concours commun, les notes obtenues par les candidats, en leur affectant un coefficient particulier, selon leurs besoins. Elles peuvent ne retenir que quelques épreuves sur la totalité et éventuellement compléter par des épreuves qui leur sont propres.

Concours cachés
: certains concours ''se dissimulent'' à l'intérieur de banques d'épreuves plus importantes.

Concours propres
: chaque école définit les épreuves de son concours d'entrée, les coefficients, ainsi que le nombre de candidats à retenir pour l'admissibilité.

Quelle différence entre école généraliste et école spécialisée ?

Contrairement au monde médical, l'ingénieur généraliste est plus "coté" que l'ingénieur spécialisé, même si la frontière entre les deux est difficile à définir. Les besoins de l'industrie étant complexes, les entreprises exigent des ingénieurs capables d'adaptabilité, ce qui est plus aisé avec une formation généraliste.

Repère
Selon la Commission des titres d'ingénieurs (CTI), 25 % des formations actuellement suivies par les étudiants ingénieurs sont généralistes, tandis que 75 % sont spécialisées.

Une école d'ingénieurs généraliste vous offre une solide formation scientifique et technique, permettant d'accéder à tous les secteurs professionnels et à toutes les fonctions de l'entreprise. La plupart des grandes écoles se veulent généralistes, polyvalentes et tournées vers l'innovation. Beaucoup font laboratoires communs avec des universités ou desgrands organismes de recherche comme le CNRS.

Les prestigieuses écoles Polytechnique et Centrale ont ainsi construit leur formation sur un socle généraliste. De leur côté, les écoles des Mines et des Ponts sont devenues généralistes après avoir été spécialisées pour mieux répondre aux besoins des entreprises.
Les écoles généralistes proposent néanmoins de nombreuses options de spécialisation.

Si vous êtes attiré(e) par l'informatique, l'électronique, la chimie, la biologie, les matériaux ou le BTP par exemple, vous pouvez également vous tourner d'emblée vers une école spécialisée.

A titre d'exemple, Supélec forme des ingénieurs dans le domaine de l'énergie électrique et des sciences de l'information, tandis que Agro ParisTech offre une spécialisation en agronomie. Par contre, une école spécialisée comme l’Institut supérieur de l’aéronautique et de l’espace de Toulouse (ISAE), née de la fusion de SUPAERO et de l'ENSICA, ne forme pas seulement des spécialistes car un avion étant avant tout un système complexe rassemblant plusieurs disciplines (informatique, électronique, télécommunications, avionique, mécanique des structures, aérodynamique, thermodynamique, etc.) : l'ingénieur aéronautique doit en maîtriser la globalité.

La spécialisation intervient sous forme d'une discipline dominante à choisir en cours de cursus. Ainsi, le cycle d'ingénieur (qui dure 3 ans) débute toujours par 2 ou 3 semestres de tronc commun permettant d'approfondir les bases théoriques en mathématiques, physique, mécanique, électronique, etc. Par la suite, vous choisirez de vous spécialiser dans un secteur particulier (informatique et télécommunications…) ou une fonction (recherche et développement, qualité...). Certaines écoles proposent même des options liées au management, à la gestion ou à la finance pour les futures ingénieurs gestionnaires ou financiers.

Bon à savoir
Pour faire votre choix, n’hésitez pas à demander une brochure de présentation auprès des établissements qui vous intéressent, à surfer sur le site Internet des écoles et également à vous rendre à leurs journées portes ouvertes (JPO).

Quelle est la professionnalisation du cursus ?

Au cours de la scolarité, les étudiants réalisent plusieurs stages avec une prise de responsabilité progressive, du poste d'ouvrier à celui d'ingénieur. Ces stages obligatoires garantissent une formation « professionnalisante » et constituent une passerelle vers le monde de l'entreprise. Le dernier stage de projet de fin d'études, d'au moins 6 mois, représente un pas important vers un premier emploi.
La majorité des entreprises considèrent en effet ces stages comme une première expérience professionnelle.
Une majorité d'écoles prend en compte la bonne réalisation de ces stages pour 10 à 30 % de la note finale.

Repère
Un élève-ingénieur passe en moyenne au cours de sa formation 30 semaines en stage (un peu plus de 7 mois) dont 18 semaines en dernière année. Le stage de fin d'études est un élément déterminant de l'insertion professionnelle.

Par ailleurs, certaines écoles vous proposent une année de césure : celle-ci vous permet de passer 12 mois en entreprise (en France ou à l'étranger) entre la 2e et la 3e année du cycle ingénieur. C'est une bonne façon de vous familiariser avec le monde du travail, d'éclaircir votre projet professionnel, éventuellement d'améliorer votre niveau linguistique et de découvrir d'autres cultures, tout en étoffant votre CV. Selon la Conférence des Grandes Ecoles (CGE), 10 % des sortants d'écoles d'ingénieurs ont effectué un stage de césure de plus de 9 mois lors de leur scolarité.

Une autre manière de se professionnaliser est de vous immerger dans l'entreprise en optant pour l'alternance, qui s'est beaucoup développée au cours des dernières années dans les écoles d'ingénieurs. Elles sont aujourd'hui nombreuses à vous proposer un cursus complet (3 ans) en apprentissage.

Plus de 70 écoles d'ingénieurs proposent des cursus par apprentissage. Selon la Conférence des Grandes Ecoles (CGE), le nombre de diplômés passés par des cursus en alternance ne cesse d'augmenter et représente aujourd'hui près de 15% des promotions.

Enfin, les activités extrascolaires telles que les junior-entreprises favorisent aussi la réalisation de projets, parfois d'envergure.

Pour aller plus loin
La junior entreprise de l'INSA Rennes concurrence les bureaux d'études industriels et les sociétés de services pour certains appels d'offres. Les étudiants volontaires réalisent en groupe ces projets : ils conçoivent et fabriquent des prototypes, des appareils électroménagers ou encore des pièces automobiles à la demande d'entreprises. Cette activité leur permet d'acquérir une expérience professionnelle tout en étant rémunérés.

Les écoles d'ingénieurs consacrent par ailleurs une grande part de leur enseignement à la pratique et aux relations avec les professionnels. Les contacts avec le monde professionnel sont garantis par les cours et conférences menés par certains enseignants, cadres en entreprise, mais aussi par le biais des contrats de collaboration conclus entre des industriels et les étudiants en fin d'études. Certaines écoles créent des chaires d'entreprises qui visent une meilleure articulation entre formation et profession.

Depuis plusieurs années, l'Ecole Centrale Paris a par exemple mis en place une nouvelle forme de partenariat avec le monde industriel en développement ses chaires d'entreprises. Celles-ci constituent une offre innovante pour les partenaires privés et permettent en retour à l'école de développer des expertises originales dans des secteurs le plus souvent de pointe.

Quelle est l'ouverture à l’international ?

Sachant qu'un jeune ingénieur diplômé sur 6 travaillera à l'étranger pendant les premières années de sa carrière, acquérir un bon niveau linguistique est devenu indispensable.

En plus des 2 langues vivantes étrangères (LV1 et LV2) dont l'anglais, incontournable, certaines écoles vous proposent l'apprentissage d'une 3e langue (italien, chinois, etc.). Certains cours peuvent être dispensés en langue étrangère.

Tous les futurs diplômés passent une certification (TOEIC ou TOEFL par exemple) afin de démontrer un niveau B2 européen en anglais leur permettant de travailler dans un environnement anglophone.

Grâce aux nombreux accords avec des établissements étrangers, toutes les écoles vous proposent en outre des séjours d'études internationaux (3 mois minimum recommandés pat la CTI, Commission des titres d'ingénieurs).

Certaines mettent en place également des filières biculturelles qui font alterner les cours en France et au sein d'une université partenaire.

D'autres proposent des doubles diplômes : c'est le cas du réseau TIME (Top Industrial Managers for Europe, c'est-à-dire le programme "grands patrons industriels pour l'Europe") auquel participent en France les écoles centrales, l'ENSTA, l'ISAE, Supélec, Ponts ParisTech et qui regroupe une cinquantaine d'universités, principalement européennes, dispensant une formation d'ingénieur.

Zoom sur ParisTech
Des enjeux de pluridisciplinarité, de mutualisation et de visibilité internationale poussent les écoles d'ingénieurs à se rapprocher.
Couvrant l'ensemble des sciences et technologies, ParisTech rassemble ainsi en Ile-de-France 12 grandes écoles françaises parmi les plus prestigieuses dont 11 écoles d'ingénieurs : Agro ParisTech, Ecole des Ponts ParisTech, Arts et Métiers ParisTech, Chimie ParisTech, Mines ParisTech, ENSTA ParisTech, Télécom ParisTech, Ecole Polytechnique, ESPCI ParisTech, ENSAE ParisTech, Institut d'optique ParisTech.
Ce regroupement permet de constituer une véritable université de dimension internationale capable de rivaliser avec les meilleures universités mondiales.
La réalisation de projets internationaux (programmes d'échanges et de coopération) est le domaine par excellence où l'action des écoles membres de ParisTech s'exerce de manière collective. Par ailleurs, dans le cadre de l'internationalisation des carrières, les écoles recrutent de plus en plus d'étudiants étrangers (près de 15 % des inscrits).

Certaines écoles ont même créé des cycles spécialement conçus pour intégrer des étudiants étrangers, telle l'INSA de Lyon avec ses filières EURINSA, ASINSA et AMERINSA, NORGINSA, FA (franco-allemande). D'autres n'hésitent pas à s'implanter à l'étranger. L'EIGSI La Rochelle a ainsi de créer une école au Maroc.

Bon à savoir
Les élèves ingénieurs fonctionnaires doivent posséder la nationalité française
. Cela concerne des écoles telles que l'ENM (Ecole nationale de la météorologie), l'ENTPE (Ecole nationale des travaux publics de l'Etat), l'ENGREF (Ecole nationale du génie rural des eaux et forêts), etc.Initié par l'ENQHEEI (European network for quality of higher engineering education for industry) et l'EFMD (European foundation for management development), le nouveau label QUESTE (Quality system of european scientific and technical education) vise à inciter les écoles et les universités délivrant des diplômes d'ingénieurs en Europe à former des alliances stratégiques et à rationaliser leur offre de formation.

Quel est le mode de vie d’un étudiant ?

De nombreuses écoles disposent de leur propre campus ou partagent un campus étudiant avec d'autres établissements d'enseignement supérieur : elles mettent ainsi, à la disposition des étudiants, des résidences et des restaurants universitaires, des infrastructures sportives et culturelles à proximité de leurs salles de cours.
Dans chaque école, un bureau des élèves (BDE) organise la vie étudiante à travers un grand nombre de clubs sportifs, culturels, humanitaires proposant chacun de nombreuses activités. Les écoles d'ingénieurs sont pour la plupart très attentives à l'existence de cette vie collective, qui favorise l'émergence d'une communauté censée perdurer au-delà de la période des études, afin de créer un véritable réseau de solidarité des anciens, utile à la vie professionnelle future.

Quelle est la qualité de l'insertion professionnelle à la sortie ?

Il faut aujourd’hui en moyenne 2 à 3 mois à jeune diplômé d'uen école d'ingénieurs pour trouver un emploi.

Selon la dernière enquête annuelle de l'Apec sur l'insertion des jeunes diplômés, les diplômés d’écoles d’ingénieurs restent les « mieux lotis » du marché avec un taux d’emploi moyen de 80 %.

Les filières « à fort contenu technique et technologique » restent les plus porteuses. C’est dans l’informatique, les  télécommunications, le multimédia, d’une part, et la métallurgie, la mécanique ou l’aéronautique ou chez les ingénieurs généralistes, qu’on trouve les meilleurs taux d’emploi, respectivement 86 et 82 %.

Le développement des réseaux sociaux d'anciens élèves (Alumni) contribuent à créer une immense communauté virtuelle d'ingénieurs en activité dans des millliers d'entreprises de toutes tailles à travers le monde qui peuvent aider les jeunes diplômés à mieux s'insérer grâce à leurs témoignages.

N'hésitez pas entrer en relation avec ces réseaux Alumni d'anciens élèves afin d'enrichir votre vision du métier d'ingénieur et ses multiples facettes.

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